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Le gouvernement tchadien affirme avoir déjoué une «tentative de déstabilisation» des institutions

Selon les autorités de N'Djamena, un groupe d'officiers préparait une conspiration visant à remettre en cause «l'ordre constitutionnel», sous l'égide du président de l'Organisation tchadienne des droits humains. Tous ont été arrêtés.

Dans un communiqué, le gouvernement tchadien a affirmé le 5 janvier avoir déjoué une «tentative de déstabilisation» visant à porter atteinte à «l’ordre constitutionnel et aux institutions de la République».

«Ce plan a été élaboré par un groupe restreint de conspirateurs composé de onze officiers de l’armée avec à sa tête le nommé Baradine Berdei Targuio, président de l’Organisation tchadienne des droits humains (OTDH)», a affirmé le gouvernement, précisant que les services de sécurité avaient procédé à leur «interpellation à partir du 8 décembre 2022».

Photographie prise le 20 octobre 2022 montre des barricades en feu dans une rue déserte de N'Djamena lors de manifestations (image d'illustration).

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Selon Aziz Mahamat Saleh, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, «une information judiciaire a été ouverte contre ces personnes pour atteinte à l’ordre constitutionnel, association de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et complicité». Le juge d’instruction en charge de dossier a placé les intéressés «sous mandat de dépôt», souligne le communiqué de ses services. «La procédure judiciaire suit son cours et le gouvernement entend faire toute la lumière sur cette affaire et situer les responsabilités», a conclu le ministre. 

En février 2021, Baradine Berdei Targuio, avait été condamné à trois ans de prison pour atteinte à l’ordre constitutionnel pour avoir écrit que le président d’alors, Idriss Déby Itno, père de l’actuel président Mahamat Idriss Déby Itno, était «gravement malade» et «hospitalisé». Militant connu des droits de l’Homme au Tchad, Baradine Berdei Targuio était régulièrement l’auteur de critiques à l’égard du chef de l’Etat et du gouvernement sur les réseaux sociaux.

Un pouvoir contesté

Propulsé au pouvoir à la mort de son père tué au front dans des combats contre des rebelles en avril 2021 après avoir dirigé le pays pendant 30 ans, le général Mahamat Déby a dissous le Parlement, limogé le gouvernement, abrogé la Constitution et promis de rendre le pouvoir aux civils lors d’élections «libres et démocratiques». Cependant, la période de transition vers des élections a été prolongée de deux ans maximum début octobre et Mahamat Déby maintenu à la tête de l’Etat. Il sera autorisé à briguer la présidence. 

Le 20 octobre, une manifestation contre le pouvoir et l’extension de la période de transition avait fait une cinquantaine de morts, selon les autorités, essentiellement dans la capitale, quand les forces de l’ordre avaient ouvert le feu sur la moindre tentative de rassemblement. Le pouvoir avait alors reconnu l’arrestation de 601 personnes dans la capitale et leur transfert dans la prison de haute sécurité de Koro Toro. Le chef de l’Etat les avait accusés d’avoir voulu mener une «insurrection» et une tentative de «coup d’Etat».

Indépendant de la France depuis 1960, le Tchad a connu plusieurs coups d’Etat. Comme dans plusieurs autres pays africains, le sentiment antifrançais s’y est exprimé au cours de plusieurs manifestations, dont l’une en mai 2022 au cours de laquelle plusieurs stations Total avaient été vandalisées et des drapeaux tricolores brûlés. Cinq cadres de l’opposition, reprochant à Paris de soutenir le pouvoir en place, avaient ensuite été arrêtés.

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