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Nucléaire : face à un niveau de production «historiquement bas», l’Elysée veut relancer la filière

La présidence française revendique une volonté de relancer la filière du nucléaire face aux difficultés qu'elle a traversées ces deux dernières années. L'Elysée s'engage à «remobiliser l’ensemble des acteurs pour préparer l’hiver 2023».

Un Conseil de Politique Nucléaire (CPN) s’est tenu le 3 février à l’Elysée en vue de préparer «la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie, qui sera présentée en juin 2023». Faisant état d’«un niveau de production du parc nucléaire historiquement bas au cours des deux dernières années», le CPN s’est engagé à «remobiliser l’ensemble des acteurs pour préparer l’hiver 2023» afin notamment, d’anticiper les arrêts programmés des réacteurs.

Par voie de communiqué, l’Elysée a fait savoir qu’avait été validé au cours de cette réunion le lancement d’études permettant de préparer «la prolongation de la durée de vie des centrales existantes à 60 ans et au-delà». Ses participants ont également pris le temps de «passer en revue les principaux sujets relatifs au programme de construction des six nouveaux réacteurs nucléaire EPR2», en référence à un dispositif correspondant à une nouvelle version du réacteur nucléaire EPR (evolutionary power reactor) censée être plus simple et moins chère à construire.

Par ailleurs, la présidence française a fait valoir sa volonté de développer à horizon de la décennie 2030 «des programmes de petits réacteurs modulaires (SMR) et de réacteurs innovants (AMR)» ainsi que son ambition de mener plusieurs études sur la gestion «des déchets ultimes» du parc nucléaire national.

Une filière hautement stratégique

Afin de renforcer la filière, l’Elysée assure aussi travailler à la mise en œuvre d’«un grand plan de formation aux métiers du nucléaire» et au soutien accordé à la recherche dans le secteur.

Le PDG du groupe Renault, Luca de Meo (à gauche), aux côtés du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, lors de sa visite de l'usine Renault de Dieppe, où sont fabriquées les voitures de sport Alpine, le 28 janvier 2022 (image d'illustration).

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«La relance du nucléaire est un chantier prioritaire pour notre pays dans la consolidation de sa souveraineté et pour le respect de nos ambitions en matière de décarbonation et de compétitivité de l’économie française», conclut le communiqué de la présidence qui s’est engagée à mener «un suivi régulier et précis des différents chantiers lancés», à travers deux réunions annuelles du CPN.

Il y a un an, Emmanuel Macron avait exprimé sa volonté de relancer la filière nucléaire française lors de son discours à Belfort (10 février 2022). Sa position sur le sujet, qui avait été largement perçue comme un changement de cap, avait suscité de nombreuses critiques au sein de l’opposition, tant chez les partisans que les opposants à l’industrie nucléaire. Les uns lui reprochant de vouloir condamner la France à un siècle de nucléaire, les autres soulignant le rôle actif d’Emmanuel Macron, au cours de son parcours de haut fonctionnaire, dans le déclin d’un secteur hautement stratégique.

Pour rappel, Emmanuel Macron est régulièrement critiqué pour avoir permis, en tant que ministre de l’Economie, l’acquisition de la branche énergie d’Alstom par le groupe américain General Electric. 

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