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En France, plus de 2 800 enfants dorment dans la rue, sur fond de crise du logement social

Au moins 2 822 enfants vivent dans la rue en France, et parmi eux, 686 sont âgés de moins de trois ans. Ces chiffres rendus publics le 17 octobre par des associations font état d’une progression de ce phénomène en France.

Dans une tribune parue le 17 octobre, des parlementaires et des associations tirent la sonnette d’alarme sur l’explosion du nombre d’enfants sans-abris en France avec une augmentation de 42% «en un mois seulement», portant leur nombre à au moins 2 822. Ces chiffres de l’Unicef France et de la FAS, la Fédération des acteurs de solidarité, sont publiés alors que le froid revient en France.

Le 21 août, l’Unicef et la FAS dénombraient 1 990 enfants restés sans solution d’hébergement. Deux mois plus tard, ils seraient au moins 2 822. En effet, le qualificatif au moins est ici de rigueur puisque les données ne tiennent compte que des appels reçus par le 115. Sont ainsi exclus les mineurs non accompagnés sans abri et les familles vivant en squats ou en bidonvilles. Les familles n’appelant pas ou plus ne sont pas non plus répertoriés.

Des chiffres «sous-estimés»

La tribune intitulée «Agir pour en finir avec le sans-abrisme des enfants : un devoir commun» dénonce l’absence de respect des «droits fondamentaux» des enfants sans abris qui sont par ailleurs «pénalisés dans leur développement, leur santé, leur scolarité, et confrontés dès le plus jeune âge aux inégalités et à la grande pauvreté».

La tribune salue les efforts du gouvernement en matière de «prévention de la pauvreté et de lutte contre les inégalités dès l’enfance» et le maintien de 203 000 places d’hébergement en 2024. Une mesure jugée insuffisante pour atteindre l’objectif de «zéro enfant à la rue» fixé par le gouvernement à l’automne 2022.

2,4 millions de ménages en attente d’un logement social

La tribune publiée le 17 octobre arrive avant que débute l’examen du projet de loi de finances 2024 et réclame «une hausse du nombre de places d’hébergement et une politique ambitieuse du logement». Si elle démarre par la formule «Certains combats n’ont pas de couleur politique», les députés signataires appartiennent essentiellement à la gauche ainsi qu’à la majorité centriste.

Au-delà de la question des seuls enfants, la tribune évoque le problème du logement dans son ensemble, arguant le chiffre de 2,4 millions de ménages en attente d’un logement social. Elle réclame une programmation pluriannuelle «de la rue au logement», ainsi que la production et l’attribution de plus de logements sociaux.

De leur côté, les maires de six grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Rennes, Grenoble et Strasbourg) ont déposé des recours le 10 octobre afin que l’État respecte ses obligations d’hébergement d’urgence.

En décembre 2017, le président Emmanuel Macron avait dit vouloir s’engager à «loger tout le monde dignement», souhaitant qu’il n’y ait plus de «femmes et d’homme dans la rue».

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