Economie

Olaf Scholz se rend à Pékin pour y défendre «davantage» de coopération avec la Chine

Le chancelier allemand est le premier dirigeant d’un pays du G7 à se rendre en Chine depuis la pandémie de coronavirus. Malgré les divergences politiques, Pékin reste le premier partenaire commercial de Berlin.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a plaidé ce 4 novembre à Pékin pour «davantage» de coopération avec la Chine, mais aussi des relations commerciales «équitables», dans un climat de défiance croissante de l’Occident vis-à-vis de la deuxième puissance mondiale. 

Un cargo de la compagnie chinoise Cosco quittant le terminal du port de Fos-sur-Mer, près de Marseille, le 23 juillet 2020. (Photo d'illustration)

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«Nous ne sommes pas des partisans d’un découplage», a-t-il déclaré à propos des relations économiques avec la Chine, avant un entretien avec son homologue Li Keqiang à Pékin. 

«Mais il est aussi clair pour nous que cela est lié à des relations économiques équitables, avec une réciprocité, à la question d’une ouverture réciproque aux investissements», a-t-il ajouté. 

Déplacement controversé

Très controversé, ce déplacement de quelques heures est le premier d’un dirigeant de l’Union européenne et du G7 en Chine depuis le début de la pandémie, il y a près de trois ans. 

La visite, qui survient juste après la reconduction du président Xi Jinping à la tête du Parti communiste chinois et du pays, est vue d’un œil critique en Allemagne, mais aussi en France, à Bruxelles et à Washington. 

Peu avant, lors d’un entretien avec le président Xi Jinping, Olaf Scholz avait déclaré vouloir «développer davantage» la coopération économique avec Pékin, malgré les avertissements sur une trop forte dépendance de son pays vis-à-vis de la Chine. 

«Il est bon que nous puissions échanger ici sur toutes les questions, y compris celles pour lesquelles nous avons des points de vue différents. C’est à cela que sert l’échange», a insisté le chancelier allemand dans l’enceinte majestueuse du Palais du peuple, qui donne sur la place Tiananmen.

Neutralité chinoise sur l’Ukraine

«Nous nous rencontrons à un moment de grandes tensions causées notamment par la guerre de la Russie en Ukraine», a souligné Olaf Scholz, alors que la Chine revendique sa neutralité – vue par les Occidentaux comme un soutien tacite au Kremlin. 

Le chancelier allemand a profité de sa visite pour demander au président Xi de faire jouer « son influence» sur la Russie afin qu’elle mette fin à sa «guerre d’agression» contre l’Ukraine. Xi Jinping  a pour sa part estimé que «la Chine et l’Allemagne devaient se respecter mutuellement [et] résister conjointement aux interférences [dans leur relation]». «Nous espérons que l’Allemagne poursuivra une politique positive à l’égard de la Chine», a déclaré le dirigeant chinois, cité par la télévision nationale CCTV. 

Renouant avec les visites en Chine de son prédécesseur, la démocrate-chrétienne Angela Merkel (12 voyages en 16 ans de pouvoir), le social-démocrate Scholz était accompagné d’une délégation d’industriels, dont les patrons de Volkswagen et BASF. Or, la dépendance de la première économie de l’UE à la Chine, où les entreprises allemandes réalisent une part importante de leurs profits, est de plus en plus remise en question.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a ainsi déclaré que l’Allemagne ne devait «plus dépendre d’un pays qui ne partage pas [ses] valeurs», au risque de se rendre «politiquement vulnérable au chantage». Quelques jours avant le voyage, le chancelier allemand a cependant autorisé une prise de participation chinoise dans le terminal portuaire de Hambourg (nord du pays).

Le chancelier publie une tribune avant son voyage

«Malgré le ressentiment et la pression à l’encontre des politiques industrielles de la Chine», Olaf Scholz «semble décidé à passer outre pour le moment », relève le politologue Shi Yinhong, de l’université Renmin à Pékin, cité par l’AFP.  

La Chine d’aujourd’hui n’est plus la même qu’il y a cinq ou dix ans

Dans un communiqué, le patron de Volkswagen en Chine, Ralf Brandstatter, a volé au secours du chancelier en déclarant : «En Europe et en Allemagne, beaucoup pensent que cette visite est inappropriée. Pour moi, ce n’est pas le cas.» «Le découplage ne peut pas être une option sérieuse pour les deux pays », a-t-il souligné, rappelant que «la Chine est le plus important partenaire commercial de l’Allemagne».

Tentant de calmer les esprits, Olaf Scholz a promis durant cette visite «de ne pas faire l’impasse sur les controverses». Dans une tribune publiée juste avant son départ, le chancelier se dit conscient que «la Chine d’aujourd’hui n’est plus la même qu’il y a cinq ou dix ans».

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