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Perpignan : le projet de baptiser une esplanade au nom d’un chef de l’OAS fait polémique

Après l'annonce par Louis Aliot de son souhait de donner le nom de Pierre Sergent à un espace public, SOS-Racisme a dénoncé la «réhabilitation» d'un partisan de l'Algérie française. La mairie a mis en avant le passé de résistant du militaire.

Une nouvelle controverse mémorielle agite Perpignan, rapporte France Info, après que la mairie de Perpignan a décidé, lors d’un conseil municipal tenu le 22 septembre, de baptiser une esplanade de la ville du nom de Pierre Sergent. Ancien résistant puis chef de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), ce dernier, décédé en 1992, a également été membre du Front national, prédécesseur du Rassemblement national (RN) dont Louis Aliot vise la présidence.

SOS Racisme a annoncé le 27 septembre au média avoir saisi le préfet des Pyrénées-Orientales pour faire annuler cette décision, reprochant au maire d’honorer Pierre Sergent «en raison de son engagement en faveur de l’Algérie française, y compris dans les formes les plus violentes qu’il choisit d’emprunter», en référence aux nombreux attentats commis par l’organisation clandestine pour s’opposer, jusqu’au bout, à l’indépendance de l’Algérie.

Le président de l’organisation antiraciste, Dominique Sopo, a également rappelé que Pierre Sergent avait été un «participant actif au putsch des généraux en 1961» destiné à renverser le général de Gaulle. Dénonçant «une tentative de réhabilitation» de Pierre Sergent de la part de la mairie, SOS Racisme soupçonne aussi, selon France Info, «un geste électoraliste» lié à la campagne interne en cours au RN.

C’est comme si demain on inaugurait une place Pétain

Outre SOS Racisme, la Ligue des droits de l’homme et le Parti communiste français se sont insurgés contre la décision, rapporte L’Indépendant. «La colonisation est un crime contre l’Humanité et Pierre Sergent en a été un agent actif en utilisant la terreur», a dénoncé la première, tandis que le conseiller municipal communiste Jean Vila a jugé ce projet d’hommage «intolérable».«Ce projet d’esplanade Pierre-Sergent, c’est comme si demain on inaugurait une place Pétain», a-t-il asséné.

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Contacté par France Info, Louis Aliot a quant à lui expliqué vouloir mettre «en avant le fait qu’il [Pierre Sergent] soit un résistant, qu’il ait porté l’étoile jaune en solidarité avec les juifs persécutés à cette époque-là», concédant qu’il y a eu ensuite dans son parcours la «défense de l’Algérie française». De plus, selon l’élu, la décision de donner le nom du militaire à une esplanade a été prise «en accord avec toutes les associations de rapatriés mais aussi [avec] un certain nombre d’associations d’anciens combattants». Louis Aliot a également affirmé que ce choix «n’a rien à voir avec la campagne interne» qui l’oppose à Jordan Bardella pour la présidence du RN. 

Début 2021, Louis Aliot avait durement critiqué le rapport de l’historien Benjamin Stora portant sur la mémoire de la colonisation française de l’Algérie, rédigé à la demande d’Emmanuel Macron. Il avait jugé ce travail «honteux», soupçonnant le président de la République de vouloir «déclarer une guerre mémorielle à des familles françaises durement éprouvées par les atrocités du FLN [Front de libération nationale] et leurs porteurs de valises».




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