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«Taxer les plus riches, ça ne fonctionne pas» pour financer les retraites, selon Aurore Bergé

La présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée a écarté la piste d'une mise à contribution des plus aisés pour financer le régime des retraites, jugeant la mesure inefficace et «populiste» et s'attirant les critiques de plusieurs personnalités.

Invitée sur le plateau de l’émission C à vous (France 5) le 18 janvier, la présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale a estimé que la taxation des plus fortunés pour financer l’équilibre du système des retraites, à nouveau réclamée par la gauche lors d’un meeting unitaire la veille, est à la fois peu réaliste et «populiste».

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez en janvier 2022 (image d'illustration).

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«Je veux bien qu’on lance en permanence des slogans à la fois extrêmement populaires et extrêmement populistes», a raillé Aurore Bergé, estimant que les leaders politiques gagneraient à faire preuve de sérieux au lieu de «se faire plaisir».

«Si vous dites “taxez les super-riches, taxez les milliardaires”, étonnamment on se fait applaudir», a-t-elle poursuivi. Une telle solution, «ça ne fonctionne pas» dans la pratique, a-t-elle ensuite affirmé, reprochant au rapport d’Oxfam publié le 16 janvier – sur lequel la gauche s’appuie – de contenir des «choses fausses» s’agissant de la fortune des milliardaires.

L’ONG, en prenant en compte les participations des plus aisés dans les entreprises, sèmerait ainsi la confusion avec l’argent qu’ils détiennent sur des comptes bancaires, selon Aurore Bergé. Surtout, accroître la fiscalité n’aurait aucun sens, selon elle, puisque la France serait déjà «le pays le plus redistributif au monde», dans lequel les inégalités sont déjà significativement corrigées. A l’inverse, la chef des députés Renaissance a mis en avant l’augmentation de la retraite minimale prévue par la réforme, estimant qu’un effort de deux à trois trimestres supplémentaires se justifiait pour assurer des pensions «dignes» aux retraités.

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Ces déclarations ont suscité la critique sur les réseaux sociaux, une série d’internautes reprochant à Aurore Bergé une approche dogmatique au sujet des retraites. «Pourquoi dire “ça ne fonctionne pas” plutôt que “nous ne le souhaitons pas” », a ainsi interrogé l’un d’entre eux. «Il faudrait commencer par essayer plutôt qu’asséner vos dogmes», a abondé un autre usager de Twitter.

«Bien sûr que si, ça fonctionne» a réagi le porte-parole d’Oxfam Quentin Parrinello face à cette mise en cause, en citant l’exemple de taxes exceptionnelles sur les plus aisés adoptées dans plusieurs pays, dont l’Espagne. Il a qualifié l’intervention d’Aurore Bergé de «délétère pour le débat démocratique», en ajoutant que «réformer les retraites pour payer la facture de la crise est un choix parmi d’autre, il faut l’assumer». Il a également rappelé que «la réforme des retraites a été justifiée par le gouvernement pour payer les baisses d’impôts» consenties, notamment pour les entreprises.

«Taxer les riches ça fonctionne très bien, c’est simple et ça suffit pour en finir illico avec la question des retraites à 64 ans», a objecté l’ancien inspecteur du Travail et syndicaliste Gérard Filoche.

Au cours du même entretien, Aurore Bergé s’est par ailleurs dite persuadée que «pas une voix du groupe Renaissance» ne manquera à l’appel lorsque viendra le vote sur le texte, alors que quelques membres de la majorité, dont Barbara Pompili, ont exprimé des réserves sur le projet en le jugeant insuffisant sur le plan social.

Certaines organisations patronales ont aussi critiqué le projet, alors qu’une nette majorité de Français le rejette en bloc d’après une série de sondages. «L’idée n’est pas de mépriser ceux qui vont manifester, mais […] cette réforme on la mènera», a martelé la chef de file des députés Renaissance à la veille de la journée d’action contre le texte organisée ce 19 janvier.

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