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Iran : sept morts dans des frappes pakistanaises

Deux jours après une frappe iranienne sur son territoire, le Pakistan a annoncé ce 18 janvier avoir mené dans la nuit des «frappes contre des caches terroristes» en Iran, qui ont fait sept morts, selon la télévision publique iranienne.

L'armée iranienne procède à des tirs de drones, en octobre 2023 (image d'illustration).

Tensions entre Téhéran et Islamabad après la frappe iranienne ayant visé des terroristes au Pakistan

«Le Pakistan a attaqué un village proche de la frontière avec des missiles», a indiqué ce 18 janvier la télévision publique iranienne. «Trois femmes, quatre enfants, tous de nationalité non-iranienne, ont été tués», a-t-elle ajouté en citant le vice-gouverneur de la province du Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est du pays, Alireza Marhamati.

«Ce matin, le Pakistan a mené une série de frappes de précisions, hautement coordonnées et spécifiquement ciblées, contre des caches terroristes dans la province du Sistan-Balouchistan», a annoncé de son côté le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué. «Un certain nombre de terroristes ont été tués», a-t-il affirmé.

L’agence officielle iranienne Irna a indiqué que «plusieurs explosions ont été entendues dans plusieurs secteurs autour de la localité de Saravan», en citant un responsable du Sistan-Balouchistan où l’armée est confrontée à une insurrection larvée depuis des décennies.

Islamabad rappelle son ambassadeur

Téhéran avait également mené le 16 janvier au soir une frappe aérienne contre des «cibles terroristes» au Pakistan. Islamabad avait jugé le 17 janvier «totalement inacceptable» et injustifiée cette attaque qui, selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères, a «provoqué la mort de deux enfants innocents et blessé trois fillettes».

«La mesure de ce matin a été prise au vu de renseignements crédibles sur d’imminentes activités terroristes sur une large échelle», a précisé ce 18 janvier le ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Selon des médias pakistanais, l’attaque iranienne s’était produite près de Panjgur, dans le sud-ouest de la province du Baloutchistan (ouest), où Pakistan et Iran partagent une frontière d’un millier de kilomètres. En réponse, le Pakistan a rappelé son ambassadeur en Iran et décidé d’empêcher le retour de l’ambassadeur iranien, qui est actuellement dans son pays.

Une région sous tension

L’agence de presse iranienne Mehr avait précisé que cette «riposte par missile et par drone» avait visé le quartier général au Pakistan du groupe jihadiste Jaish al-Adl (Armée de la Justice en arabe), en réponse à une «agression contre la sécurité» de l’Iran. Jaish al-Adl, formé en 2012, a mené plusieurs attaques sur le sol iranien ces dernières années.

Le 16 janvier, l’Iran avait procédé à des tirs de missiles sur ce qu’il a qualifié de quartiers généraux d’«espions» et de cibles «terroristes» en Syrie et au Kurdistan irakien autonome.

Ces frappes iraniennes surviennent au moment où le Proche-Orient est secoué par la guerre qui oppose le mouvement islamiste palestinien Hamas à Israël dans la bande de Gaza et par les attaques des Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, contre des navires de commerce en mer Rouge.

L’Iran et le Pakistan s’accusent fréquemment de permettre à des groupes rebelles d’opérer à partir du territoire de l’autre pour lancer des attaques, mais il est rare que les forces officielles de l’un ou l’autre de ces pays soient impliquées.

Les Gardiens de la Révolution iraniens tirent des missiles balistiques en Irak et en Syrie

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