France

Scandale dans les Ehpad : le siège et les directions régionales d’Orpea perquisitionnés

Le siège d'Orpea et les directions régionales du groupe ont été perquisitionnés dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de maltraitance institutionnelle et d'infractions financières dans ses établissements pour personnes âgées dépendantes.

Dès 9h ce 8 juin, une dizaine de gendarmes de la Section de recherche de Versailles et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) ont fait leur entrée au siège de l’entreprise Orpéa à Puteaux (Hauts-de-Seine) pour mener une perquisition. 

Scandale Orpea : la justice lance une nouvelle enquête après un signalement du gouvernement


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Selon une source proche de l’enquête, ces perquisitions visent à «effectuer des vérifications» dans l’enquête ouverte en avril par le parquet de Nanterre, après un signalement du gouvernement à la suite de la publication du livre Les Fossoyeurs, de Victor Castanet.

Dans cet ouvrage publié en janvier, le journaliste indépendant dénonçait notamment une maltraitance des résidents et un usage abusif des fonds publics. Ces dysfonctionnements ont été en partie confirmés dans un rapport commandé dans la foulée par le gouvernement, qui a demandé la restitution de dotations publiques présumées détournées de leurs fins.

«La justice prend enfin la mesure de ce scandale de santé publique», s’est félicité après l’annonce des perquisitions l’avocat Fabien Arakelian, représentant plusieurs familles ayant déposé plainte à Nanterre et ailleurs dans le pays. «Espérons que cela se poursuive», a-t-il ajouté auprès de l’AFP.

Sollicité par l’AFP, le parquet de Nanterre n’a pas souhaité communiquer dans l’immédiat.

Plaintes contre les Ehpad Korian

Outre l’enquête ouverte en avril, Orpea fait aussi l’objet depuis février d’une enquête pour «faux et usage de faux et infraction à la législation sur le travail en recourant abusivement à des contrats à durée déterminée». Les procédures ont depuis été jointes.

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Les enquêteurs creusent également de nombreuses plaintes : une bonne partie de la salve des 80 plaintes déposées en avril par l’avocate Sarah Saldmann au nom de famille de résidents, ainsi que d’autres plaintes, émanant d’autres avocats, et reçues avant même la publication du livre Les Fossoyeurs.

Par ailleurs, l’ex-directeur général du groupe pendant plus de dix ans Yves Le Masne, limogé fin janvier, a été entendu en audition libre ce 8 juin dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet national financier (PNF) pour «délit d’initié» concernant sa revente d’actions, peu avant la parution du livre de Victor Castanet.

Face aux nombreuses critiques et enquêtes, Orpea a lancé en mai des «Etats généraux» pour recueillir les doléances de ses résidents : une cinquantaine d’établissements organisent ainsi en leur sein des réunions, et une plateforme numérique a été mise en place pour recevoir des suggestions. Orpea a promis un compte-rendu de ces débats à l’automne.

Le scandale touche également un concurrent direct d’Orpea, Korian. Trente plaintes visant des Ehpad Korian, notamment pour «homicide involontaire», ont été déposées devant une douzaine de parquets dans plusieurs régions, a expliqué l’avocate Sarah Saldmann. Ces plaintes contre X émanent de 18 familles de résidents, pour des faits de «mise en danger de la vie d’autrui», de «non assistance à personne en danger» et d’«homicide involontaire».

Le groupe Korian a expliqué dans un communiqué qu’il «ignor[ait] tout du contenu de ces plaintes et ne peut donc faire aucun commentaire» et rappelé que «toutes les situations graves portées à [sa] connaissance [seraient] traitées et systématiquement déclarées aux autorités».




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