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Téhéran avertit Bruxelles de «conséquences» si les Gardiens de la révolution sont sanctionnés

L'Iran a mis en garde Bruxelles le 18 janvier de «conséquences négatives» en cas d'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. La force Al Qods et les Bassidji sont également dans le viseur de l'UE.

Alors que le Parlement européen a demandé le 18 janvier l’inscription du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), l’armée idéologique de l’Iran, sur la liste des organisations terroristes, Téhéran a averti l’Union européenne des «conséquences négatives» d’une telle décision.

Au cours d’un échange téléphonique avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian a ainsi dénoncé une initiative «inappropriée» et dictée par «une approche émotionnelle» affirmant que l’Union européenne «se tirerait une balle dans le pied».

L’Union européenne dans les pas des Etats-Unis

«Nous avons dit à de nombreuses reprises que le CGRI était une institution officielle et souveraine qui joue un rôle vital pour assurer la sécurité nationale de l’Iran et de la région, en particulier dans la lutte contre le terrorisme», a expliqué le ministre iranien à son homologue européen.

Au cours des récentes manifestations qui secouent l’Iran, les Gardiens de la révolution ont arrêté plusieurs personnes liés à des pays européens. De surcroît, Téhéran accuse régulièrement l’étranger, notamment les Etats-Unis et Israël, de s’ingérer dans ses affaires internes.

Un Iranien donne un coup de pied à une effigie de l'Oncle Sam lors d'un rassemblement devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2022 (image d'illustration).

Les Gardiens de la Révolution iranienne ont arrêté des «saboteurs» liés à des pays européens

Le texte soutenu par les eurodéputés condamne «la répression brutale, par l’Iran et par le corps des Gardiens de la révolution, des manifestations qui ont suivi la mort de Mahsa Amini après son arrestation violente, les abus et les mauvais traitements infligés par la police des mœurs iranienne». 

Le document présenté au Parlement européen précise que la force Al Qods, troupes iraniennes intervenant sur les théâtres extérieurs, et les Bassidji, la police des mœurs, sont également concernés. Les deux entités font partie des CGRI. 

Si cet amendement européen devient efficient, appartenir aux Gardiens de la révolution sera de fait sanctionnable avec le gel des avoirs et l’interdiction de commercer avec un pays de l’Union européenne. Elle rejoindrait donc les Etats-Unis qui avaient inscrit les CGRI sur la liste des organisations terroristes en 2019.

Alors que cette décision européenne vient rajouter de l’huile sur le feu des relations bilatérales déjà tendues depuis plusieurs mois, le chef de la diplomatie européenne a dans le même temps fait part de sa volonté de continuer ses «efforts» pour parvenir à un nouvel accord sur le nucléaire iraniens.

Les Gardiens de la révolution ont été créés en 1979 après le renversement du Chah par les partisans de Rouhollah Khomeini. En parallèle de l’armée iranienne, ils sont environ 150 000 hommes selon le Figaro et disposeraient de forces terrestres, navales et aériennes. Outre leur rôle de sécuriser le Golfe, le détroit d’Ormuz et le programme balistique, ils sont également envoyés en Irak et en Syrie pour lutter contre Daesh.

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