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Amnesty dénonce un «deux poids, deux mesures» de l’Occident entre l’Ukraine et les autres conflits

Peines de mort en Arabie saoudite, emprisonnements en Egypte, exactions israéliennes ou encore conflit en Ethiopie, l'ONG Amnesty international regrette le «deux poids, deux mesures» de l'Occident comparé à son activisme en Ukraine.

En soutien constant de l’Ukraine depuis le début du conflit en février 2022, l’Occident se distingue par la «mollesse» de ses réactions face à d’autres conflits dans le monde, observe Amnesty international le 28 mars, dénonçant ce «deux poids, deux mesures».

L’intervention militaire russe en Ukraine en 2022 a «dévoilé au grand jour l’hypocrisie des Etats occidentaux, qui ont réagi avec force à l’agression russe mais ont fermé les yeux sur de graves violations commises ailleurs, voire en ont été complices», déplore l’ONG dans son rapport annuel.

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Et Amnesty d’épingler le «silence assourdissant» entourant l’Arabie saoudite, où, selon l’ONG, la justice a notamment prononcé la peine de mort lors de procès «à l’iniquité flagrante» et des manifestants pacifiques ont été «condamnés à de longues peines de prison», ou encore l’Egypte, où des milliers d’opposants au régime «demeurent détenus arbitrairement et/ou poursuivis injustement».

Manifestation palestinienne contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu le 7 décembre 2017 (image d'illustration).

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«La réponse à ce qui s’est passé à l’agression russe contre le peuple ukrainien, c’est une réponse formidable. C’est une réponse qui devrait être un modèle pour les autres crises présentes et futures», a réagi Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty, interrogée par l’AFP.

En Israël, les gouvernements ont ainsi «déployé des mesures contraignant toujours plus de Palestiniens à partir de chez eux, développant des colonies illégales et légalisant les implantations» en Cisjordanie occupée, mais nombre de gouvernements occidentaux «ont préféré s’en prendre à ceux qui dénonçaient l’apartheid», regrette Amnesty.

En Ethiopie, l’ONG critique «les réponses pitoyables» face à «l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire récente», qui aurait fait 500 000 morts, selon les Etats-Unis.

Les bons et les mauvais réfugiés

Signaux contradictoires toujours, les portes de l’Union européenne, «grandes ouvertes pour accueillir les réfugiés ukrainiens», sont restées «fermées» pour les personnes fuyant l’Afghanistan ou la Syrie, a regretté Amnesty.

Les Etats-Unis, qui ont accueilli des dizaines de milliers d’Ukrainiens, ont entre septembre 2021 et mai 2022 «expulsé plus de 25 000 Haïtiens, souvent après les avoir placés en détention et soumis nombre d’entre eux à la torture», s’est indignée Agnès Callamard.

Une migrante blessée est déplacée par le personnel de secours près de Tuxtla Gutierrez, dans l'Etat du Chiapas, au Mexique, le 9 décembre 2021.

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L’approche «sélective et intéressée» des droits fondamentaux par l’Occident a également conforté dans leurs agissements d’autres pays critiqués pour leur violations des droits de l’Homme, notamment la Chine, où la «répression systématique des minorités ethniques du Xinjiang et du Tibet s’est poursuivie», et le «gouvernement de Hong Kong a continué de réprimer le mouvement de lutte pour la démocratie», d’après l’ONG.

La guerre en Ukraine a enfin détourné «non seulement des ressources, mais également l’attention de la crise climatique», alors que les catastrophes liées au réchauffement paraissent «hors de contrôle» et que les dirigeants mondiaux ont échoué à s’accorder sur les mesures visant à limiter la hausse des températures sous le seuil des 1,5°C.

L’année 2022 a globalement connu une «détérioration des droits civils et politiques», ceux-ci subissant une «répression» dans certains pays occidentaux comme la France, où Agnès Callamard pointe «un exercice illégal de la force» par policiers et gendarmes contre des manifestants.

Les droits des femmes ont, eux, vécu «un tournant pour le pire». Notamment en Iran, où certaines ont été tuées «pour avoir dansé, chanté, pour ne pas avoir porté de voile», en Afghanistan, où elles ont été «transformées en objet» depuis la prise de pouvoir des talibans, et même aux Etats-Unis, où l’accès à l’avortement est à présent pour beaucoup remis en question, constate l’ONG.

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