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Bombardements dans le Donbass : à l’ONU, la Russie tient l’Occident pour responsable

Suite à des tirs d'artillerie à Donetsk qui ont fait plusieurs dizaines de victimes, le représentant permanent de la Russie à l'ONU a convoqué le 8 novembre une réunion d'urgence pour y dénoncer la responsabilité de Washington et de ses alliés.

«Nous avons convoqué une réunion d’urgence suite à une nouvelle violation flagrante par le régime de Kiev des règles du droit humanitaire et une nouvelle preuve de sa volonté d’extermination de la population civile du Donbass», a fustigé le 8 novembre le représentant permanent de la Russie à l’ONU, Vassili Nébenzia.

«Je veux ici parler des tirs massifs par l’armée ukrainienne qui ont visé hier des quartiers densément peuplés de Donetsk», a précisé le diplomate, avant de tacler explicitement l’OTAN et ses alliés : «En principe, nous aurions pu dédier cette réunion aux livraisons d’armes par l’Occident. Par trois fois, le régime de Kiev a visé des bâtiments civils dans le centre-ville avec les lance-roquettes multiples Himars et Ouragan». Et Nébenzia de déplorer que cette attaque ait «coûté la vie à six personnes et en ait blessé 55, dont trois enfants».

Nébenzia fustige l’«humanisme hypocrite» des Occidentaux

Au terme de son intervention et des réponses des autres participants, il a dénoncé l’attitude des Occidentaux : «Comme nous l’avons entendu aujourd’hui, convoquer une réunion pour des attaques de bâtiments publics et la mort de civils serait du cynisme, mais ne pensez-vous pas que dire de telles choses, c’est précisément cela, le comble du cynisme et de l’hypocrisie ?»

Et le diplomate de renchérir : «Lorsque vous fermiez les yeux sur les bombardements systématiques des villes du Donbass par le régime de Kiev et sur les bataillons nationalistes, où était votre humanisme hypocrite de pacotille ?» 

«Une tactique mûrement réfléchie» de Kiev

«J’attire votre attention sur l’heure de ces attaques», a-t-il poursuivi, avant d’indiquer qu’elles avaient eu lieu à 16h25, 16h40 et 18h27. «La pratique terroriste de frappes répétées au même endroit est courante chez l’armée ukrainienne», a-t-il accusé. «C’est une tactique mûrement réfléchie», insiste-t-il. «Ils savent bien que les services de secours seront dépêchés sur les lieux d’une frappe – sauveteurs, médecins, policiers -, mais aussi des journalistes, et c’est là qu’ils procèdent à de nouvelles frappes, ce qui empêche l’évacuation des blessés», a-t-il encore déploré.

Illustrant son propos, le diplomate a indiqué que dans l’attaque de la veille, parmi les victimes figuraient «un médecin, un secouriste, un agent de la police de la route qui ont péri et 23 sauveteurs blessés». Il a d’ailleurs rappelé que, le 31 octobre, les forces ukrainiennes avaient de la même manière porté trois frappes successives à Donetsk, dans le quartier de Boudionnov.

Des frappes qui «n’ont aucune finalité militaire»

Selon lui, ces frappes attestent du «désespoir du régime de Kiev», «n’ont aucune finalité militaire» et ne s’expliquent que par «son impuissance sur fond de défaites sur le champ de bataille et de la misanthropie foncière» d’un gouvernement qui «ne considère pas comme des humains ses ex-compatriotes du Donbass».

Vassili Nébenzia a ensuite égrainé les frappes et les dégâts subis par le Donbass depuis février 2022. «Plus de 16 000 bâtiments résidentiels et près de 3 500 ont été détruits et endommagés», selon les chiffres avancés par le diplomate. Sur le plan humain, «4 755 civils sont morts, dont 140 enfants, et 5 360 ont été blessés à divers degrés de gravité, dont 357 enfants» affirme-t-il.

«Du reste, nous savons que la terreur contre la population du Donbass a commencé […] en mai 2014», au moment où, a rappelé Vassili Nébenzia, «les autorités de Kiev ont lancé une agression armée contre leur propre peuple qui s’était opposé au coup d’État anticonstitutionnel du Maïdan». Il a chiffré le nombre de victimes mortes ou blessées à «plus de 20 000» et jugé que ces crimes «confirmait la légitimité de la décision d’engager l’opération militaire spéciale». Avant de conclure : «Il ne nous restait aucun autre moyen d’arrêter les bourreaux de Kiev.»

Des populations sous le feu de Kiev depuis près de dix ans

Avant l’intervention russe, le conflit dans l’Est ukrainien, qui a éclaté dans la foulée du coup d’État de Maïdan, avait fait plus de 14 000 morts et plus de 1,5 million de déplacés selon l’ONU et ce malgré les accords de Minsk. «Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait des bombardements de villes et de localités dans le Donbass», avait déclaré Vladimir Poutine lors de son allocution à la nation du 21 février 2022, durant laquelle il avait expliqué les raisons qui l’ont poussé à reconnaître l’indépendance des républiques autoproclamées du Donbass.

«Le meurtre de civils, le blocus, les mauvais traitements infligés aux personnes, y compris les enfants, les femmes et les personnes âgées, se poursuivent sans relâche. Et on n’en voit pas la fin», avait-il insisté. La veille, le président russe s’était entretenu avec son homologue français où il avait dénoncé les «provocations» de Kiev et plaidé pour la voie diplomatique.

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