France

Chantage à la sextape : le maire de Saint-Etienne auditionné, LR lance une procédure d’exclusion

Le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau est entendu dans le cadre d'une enquête judiciaire ouverte contre lui et son entourage après des accusations de chantage politique à la sextape. Son parti a lancé une procédure d'exclusion à son encontre.

Gaël Perdriau est «auditionné à sa demande» avec les membres de son cabinet, «pour que la vérité éclate» face à aux accusations de chantage à la sextape qui le visent, a annoncé à la presse ce 13 septembre son premier adjoint Jean-Pierre Bergé.

Le maire a indiqué à son premier adjoint qu’il abordait ces auditions «avec sérénité», mais très rapidement en milieu de matinée, sa famille politique a annoncé dans un communiqué avoir lancé «une procédure d’exclusion» à son encontre.

Présidence chez Les Républicains : place à la confrontation


Présidence chez Les Républicains : place à la confrontation

Le parquet de Lyon a ouvert début septembre une information judiciaire sur cette affaire concernant le tournage et l’usage d’une vidéo à caractère sexuel enregistrée en 2014 dans laquelle Gilles Artigues, ex-premier adjoint municipal et ex-député connu pour son engagement catholique, se faisait masser par un homme dans une chambre d’hôtel à Paris. 

Cette enquête pour «atteinte à l’intimité de la vie privée, chantage aggravé, soustraction de bien public par une personne chargée d’une fonction publique, abus de confiance et recel de ces infractions» a été lancée après une plainte de Gilles Artigues visant nommément le maire, l’un de ses adjoints et l’ancien compagnon de ce dernier. Le site d’information Mediapart, qui avait révélé l’affaire en publiant des confessions détaillées de cet ex-compagnon, Gilles Rossary-Lenglet, sur un «barbouzage de mœurs» à Saint-Etienne, a mis en ligne le 12 septembre de nouveaux enregistrements accablants pour l’élu de 50 ans et son directeur de cabinet Pierre Gauttieri.

Gilles Rossary-Lenglet assure avoir été rétribué pour cette vidéo faite selon lui à la demande du maire et de sa garde rapprochée, grâce à des prestations fictives facturées à deux associations subventionnées par la mairie. «Le tarif que j’ai donné était de 50 000 euros […], ça peut paraître énorme, mais [pas tant] si vous mettez dans la balance que vous tenez votre premier adjoint, que vous tenez votre municipalité les yeux fermés pendant tout un mandat», a-t-il dit dans un entretien vidéo à Mediapart.

Une exclusion «prochainement» validée par le Bureau politique de LR

Après les nouvelles révélations du site d’informations, les quatre parlementaires LR de la Loire et douze élus de l’opposition municipale de gauche ont demandé au maire et président de la métropole de se mettre en retrait. 

Sur Twitter, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a fait part de son «profond dégoût», alors que le candidat à la présidence de LR Eric Ciotti – dont la ligne de fermeté est vivement critiquée par Gaël Perdriau – a fustigé un «donneur de leçons» montrant selon lui «le visage terrifiant de la pire des abjections».

Dans un communiqué, LR précise que son exclusion sera «prochainement» validée par le Bureau politique du parti. «S’il revient désormais à la justice, au vu des dernières révélations de ce lundi, de se prononcer sur la culpabilité et le degré d’implication de M. Perdriau, Les Républicains ne peuvent que condamner les méthodes ignobles utilisées par le maire de Saint-Etienne à l’encontre d’un rival politique», est-il précisé.

D’après les déclarations d’un élu municipal à l’AFP – et selon le Progrès qui ne cite pas ses sources – le maire serait entendu sous le régime de la garde à vue en même temps que son directeur de cabinet Pierre Gautierri, un adjoint municipal siégeant à la région Samy Kéfi-Jérôme, son ex-compagnon Gilles Rossary-Lenglet ainsi que la directrice adjointe de cabinet Claire Vocason.

Conseiller municipal à Saint-Etienne dans l’équipe UDF-Rad de 1995 à 2008, Gaël Perdriau avait ensuite siégé dans l’opposition durant le mandat de Maurice Vincent (PS), avant d’être élu maire en 2014 puis réélu en 2020, tout en présidant la métropole stéphanoise.

Après avoir pris position à de nombreuses reprises contre «la politique ultra libérale d’Emmanuel Macron» au début de son premier mandat, l’élu s’est ensuite brouillé avec la direction de son parti après avoir critiqué la droitisation de la candidate LR a la présidentielle Valérie Pécresse et son rapprochement avec Eric Ciotti. Ces critiques lui ont valu d’être écarté de la vice-présidence des Républicains.




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