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Dans le sillage de la guerre à Gaza, Sissi et Erdogan enterrent la hache de guerre

Recep Tayyip Erdogan est en visite au Caire pour rencontrer son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Dans le sillage de la guerre à Gaza et de la probable intervention israélienne à Rafah, les deux hommes abordent cette problématique. Ce déplacement est également l'occasion pour les deux pays d'enterrer une décennie de brouille diplomatique.

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Si la date du 14 février peut prêter à sourire, les deux anciens ennemis régionaux ont officiellement mis fin, le jour de la Saint-Valentin, à une décennie de brouille diplomatique. Les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et turc Recep Tayyip Erdogan ont annoncé au Caire ouvrir «une nouvelle page» dans leurs relations.

En 2013, quand Abdel Fattah al-Sissi, alors chef de l’armée, renversait l’islamiste Mohamed Morsi, grand allié de Recep Tayyip Erdogan, ce dernier jurait qu’il ne parlerait «jamais» à «quelqu’un comme» lui. Une décennie plus tard, le dirigeant turc a été accueilli avec les honneurs par son homologue égyptien à son atterrissage à l’aéroport du Caire.

Les deux hommes ont ensuite signé plusieurs accords, plaidant tous deux pour «une nouvelle étape dans les relations», une augmentation des échanges commerciaux «à 15 milliards de dollars par an sous quelques années» et une coopération diplomatique au Moyen-Orient et en Afrique.

Cette visite du chef d’État turc au Caire confirme le rapprochement politique entre les deux anciens rivaux. Profitant d’un contexte de désescalade régionale, les deux dirigeants avaient échangé une poignée de main chaleureuse en novembre 2022, à l’occasion de la Coupe du monde de football organisée au Qatar, avant d’acter le réchauffement des relations bilatérales en mars dernier par le rétablissement de leurs liens diplomatiques. Une rencontre avait de surcroît eu lieu en septembre 2023, en marge du sommet du G20 à New Delhi. Ce déplacement du président Erdogan vient donc parachever le rapprochement.

Erdogan s’en prend de nouveau à Netanyahou

Cette rencontre est surtout l’occasion pour les deux présidents d’aborder l’épineuse problématique de Rafah. L’armée israélienne se prépare à lancer une opération terrestre, et ce, alors que la population gazaouie s’y est réfugiée dans l’espoir d’éviter les bombardements de Tsahal. Le Caire craint que si l’État hébreu intervient sur place, les Gazaouis seront forcés de trouver refuge dans le Sinaï égyptien. 

Le président turc a dénoncé ce 14 février «la politique d’occupation et de massacres du gouvernement de Benjamin Netanyahou». Évoquant Rafah, la ville du sud de la bande de Gaza sur laquelle l’armée israélienne menace de lancer une offensive, il a exhorté la communauté internationale à «ne pas laisser se produire une telle folie qui mènera au génocide».

Le président égyptien, lui, a dénoncé «les obstacles d’Israël qui font que l’aide humanitaire entre trop lentement à Gaza».

L’Égypte conserve un rôle déterminant dans le conflit. Le 13 février, le patron de la CIA, William Burns, le chef de l’agence de renseignement du Mossad, David Barnea, le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet Ronen Bar, Nitzan Alon, qui dirige les efforts des agences de renseignement pour retrouver les personnes enlevées, ainsi que le chef du gouvernement du Qatar, Mohammed Tamim ben Hamad al-Thani, se sont réunis au Caire alors que la pression internationale s’intensifie pour arriver à une trêve. 

Des drones turcs en Égypte ?

Outre le dossier gazaoui, la Turquie est venue faire du commerce avec l’Égypte. Ankara a d’ailleurs annoncé le 5 février que Le Caire allait acheter le fleuron de l’industrie militaire turc, le fameux drone Bayraktar TB2. «La normalisation de nos relations est importante pour que l’Égypte dispose de certaines technologies. Nous avons un accord pour fournir [à l’Égypte] des véhicules aériens sans pilote et d’autres technologies», a rapporté le journal turc Daily Sabah, citant le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan. Les deux pays entendent en effet renforcer leurs liens économiques. 

Pendant près d’une décennie, les deux chefs d’État étaient opposés sur tous les dossiers régionaux, de la Libye à la Syrie en passant par les relations à la confrérie des Frères musulmans. Le leader turc de l’AKP avait même qualifié Abdel Fattah al-Sissi de «tyran illégitime» après son ascension au pouvoir en 2014.

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