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France : Emmanuelle Cosse déplore une accélération de la crise du logement social

A quelques jours du congrès rassemblant les acteurs du logement social français, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat a vivement critiqué le gouvernement dans Le Monde. Reste que les nouvelles normes écologistes perturbent le secteur.

Vue de Paris (photo d'illustration).

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A la veille du rendez-vous annuel des professionnels du logement social, qui se déroulera à Nantes du 3 au 5 octobre, l’ancienne ministre du logement sous François Hollande Emmanuelle Cosse s’inquiète du manque de moyens dans le secteur et de la chute du nombre de constructions. Elle se dit déçue par le projet de budget 2024 et de la cherté croissante du logement dans un contexte de crise économique.

L’ancienne secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), aujourd’hui à la tête de l’Union sociale pour l’habitat (anciennement appelée Union nationale des fédérations d’organismes HLM), s’inquiète du recul du nombre de constructions de logements sociaux. Elle indique dans les colonnes du journal Le Monde que le nombre de logements sociaux produits en 2023 devrait être inférieur à celui de 2022, à savoir 90 000 logements – «déjà un mauvais chiffre» selon elle.

L’accès à la propriété «de moins en moins abordable»

Elle compare en outre le nombre de logements produits aujourd’hui avec ceux du temps où elle officiait au ministère du Logement en 2017 avec 125 000 logements sociaux. Les propos de l’ancienne ministre font écho à ceux tenus fin septembre dans Ouest-France. «Il faut doubler la construction de logements sociaux», affirmait-elle dans un entretien donné au quotidien régional. 

Emmanuelle Cosse rappelle par ailleurs que 2,4 millions de ménages, majoritairement parmi la population active, attendraient un logement social. Elle met en cause directement le budget de l’État pour 2024, «profondément décevant» à ses yeux, et déplore des moyens limités, avec une aide de l’État portée à 700 millions d’euros sur les trois dernières années pour la rénovation énergétique des logements alors que l’Union sociale pour l’habitat aurait consacré, selon elle, 5 milliards dans ce domaine rien que pour l’année 2022.

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L’ancienne ministre déplore également les difficultés des ménages à payer leur loyer «du fait de l’inflation», mais aussi un ensemble de facteurs beaucoup plus anciens, à savoir la cherté du logement, la «suroccupation» et «un marché de l’accession de moins en moins abordable».

Les constructions en France de logements sociaux neufs devraient continuer de baisser, pour se stabiliser autour de 66 000 nouveaux logements par an à compter de 2030, estimait la Banque des territoires dans une étude prospective publiée mi-septembre. Selon les auteurs de cette étude, les organismes HLM n’ont pas les moyens financiers d’assumer à la fois la construction de nouveaux logements et de réhabiliter les logements existants aux normes énergétiques exigées par le gouvernement.

Depuis janvier 2023, il est en effet interdit en France de louer les logements les plus énergivores (qui consomment plus de 450 KWh/m2 par an), comme l’impose la loi Climat et Résilience promulguée en août 2021. Une loi dont les dispositions furent inspirées des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. En janvier 2025, puis 2028 et 2034, les seuils d’exigence seront rehaussés. Face à ce couperet, le rapport de la Banque des territoires estime que les bailleurs sociaux réhabiliteront jusqu’à 125 000 logements par an en 2025 et 2026.

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