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Haut-Karabakh : des soldats arméniens tués, Bakou accuse les séparatistes d’avoir ouvert le feu

Quatre soldats arméniens ont été tués le 28 juin par des tirs azerbaïdjanais dans le Nagorny-Karabakh, selon les autorités de cette région séparatiste. La veille, Bakou avait accusé ces derniers de tirs provenant des positions arméniennes.

Des «unités des forces armées azerbaïdjanaises ont ouvert le feu sur les positions arméniennes» dans les districts de Martouni et de Martakert dans la nuit, en utilisant de l’artillerie et des drones, a indiqué le 28 juin la Défense des séparatistes dans un communiqué sur Twitter.

«Quatre soldats ont été tués à l’issue de cette nouvelle provocation de l’Azerbaïdjan», selon la même source.

La veille, c’est le ministère azerbaïdjanais de la Défense qui avait accusé des «détachements illégitimes armés arméniens sur le territoire d’Azerbaïdjan (…) d’avoir ouvert le feu contre les positions de l’armée azerbaïdjanaise dans la région d’Aghdam» en blessant un militaire azerbaïdjanais.

Ces violences interviennent alors que Washington accueille depuis le 27 juin de nouvelles négociations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan visant à trouver un règlement du conflit au Nagorny-Karabakh. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a ainsi rencontré séparément ses homologues arménien Ararat Mirzoïan et azerbaïdjanais Djeyhoun Baïramov avant de les réunir ensemble.

Les discussions se tiennent à huis clos et doivent durer jusqu’au 29 juin. Les Etats-Unis avaient déjà réuni les deux ministres à Washington début mai. Des discussions se sont également déroulées ces dernières semaines à Bruxelles et à Moscou.

La Fédération de Russie estime qu’il n’existe aucune alternative à sa médiation, étant la seule se fondant sur une base légale, à savoir l’accord tripartite obtenu et comprenant la délimitation des frontières des deux pays, l’ouverture de voies de transport ainsi que l’établissement de contacts entre des groupes civils, des législateurs et des chefs religieux des deux pays.

Accusations de nettoyage ethnique

Depuis décembre, Erevan accuse Bakou d’entraver l’approvisionnement vers la région sécessionniste du Karabakh, en bloquant une route cruciale, le corridor de Latchine, provoquant des pénuries.

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Mi-juin, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait accusé Bakou de mener une politique de «nettoyage ethnique» dans le Haut-Karabakh, majoritairement peuplé d’Arméniens.

Bakou, qui défend l’installation d’un point de contrôle en invoquant des raisons de sécurité, et affirme que le transport civil peut circuler sans entrave via le corridor de Latchine. Mais la branche arménienne de la Croix-Rouge a accusé la semaine dernière l’Azerbaïdjan de bloquer l’accès au Haut-Karabakh, sur fond de préoccupation croissante pour la situation humanitaire dans cette région.

L’Azerbaïdjan et les forces séparatistes arméniennes, soutenues militairement par Erevan, se sont affrontés lors de deux guerres, l’une à la dislocation de l’URSS, l’autre à l’automne 2020. Lors de la première, qui a fait 30.000 morts, les séparatistes ont pris le contrôle du Haut-Karabakh et de zones tampon autour de ce territoire montagneux.

Lors du deuxième conflit, qui a fait 6.500 morts, l’Azerbaïdjan a repris ces zones tampon et une grande partie du Haut-Karabakh. Un cessez-le-feu, signé sous l’égide de Moscou, a été suivi du déploiement d’un contingent de soldats de la paix russes, mais les tensions restent vives et les négociations pour la signature d’un traité de paix n’avancent pas.

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