Economie

«Il est urgent de taxer les plus riches», avertit Oxfam à l’occasion du forum de Davos

Dans un rapport publié au moment où des décideurs internationaux se réunissent en Suisse, l'ONG dénonce un enrichissement accéléré des milliardaires à la faveur de la pandémie de Covid-19, et plaide pour la mise en œuvre de taxes exceptionnelles.

L’imposition des grandes fortunes devient «urgente» à l’heure où les plus pauvres subissent de plein fouet l’inflation et où le club des milliardaires s’est élargi grâce à la pandémie, a exhorté ce 23 mai l’ONG Oxfam à l’occasion du Forum économique de Davos, en Suisse, qui se déroule du 22 au 26 mai.

Les dirigeants du CAC 40 n'ont jamais été aussi bien rémunérés qu'en 2021


Les dirigeants du CAC 40 n’ont jamais été aussi bien rémunérés qu’en 2021

«Les milliardaires arrivent à Davos pour célébrer une incroyable poussée de leurs fortunes», a dénoncé le 23 mai Gabriela Bucher, directrice générale au sein de l’ONG internationale, citée dans un communiqué.  Selon elle, «la pandémie [de Covid-19], et maintenant les fortes hausses des prix alimentaires et de l’énergie ont, dit simplement, été une aubaine pour eux».

La pandémie a ainsi créé un nouveau milliardaire toutes les 30 heures, soit 573 nouveaux ultra-riches, affirme l’ONG dans un rapport intitulé La souffrance rapporte gros, avec comme sous-titre «L’urgence de taxer les riches». En se basant sur les chiffres du classement des grandes fortunes du magazine Forbes et sur les données de la Banque mondiale, Oxfam estime que «les milliardaires ont vu leur fortune augmenter autant en 24 mois qu’en 23 ans».

Cette accumulation accélérée de richesses a été favorisée par «les sommes incroyables injectées par les gouvernements dans l’économie mondiale» au motif de maintenir celle-ci à flot, avance l’ONG, qui pointe en particulier les «bénéfices colossaux» réalisés par les milliardaires et les entreprises des secteurs de l’agroalimentaire (Walmart, Cargill), de l’énergie (BP, Shell, Total Energies, Exxon, Chevron), des produits pharmaceutiques (Pfizer, Moderna) et des technologies (Apple, Microsoft, Tesla, Amazon, Alphabet).

Un impôt exceptionnel sur la fortune pour «protéger les gens ordinaires»

En miroir à cet enrichissement, 263 millions de personnes vont plonger dans l’extrême pauvreté cette année, anticipe-t-elle, en raison de la forte hausse de l’inflation dans la plupart des régions du monde, énergie et alimentation en tête. Cela représente un million de personnes toutes les 33 heures, selon elle. «On est en train de revenir sur des décennies de progrès concernant l’extrême pauvreté, avec des millions de personnes confrontées à l’augmentation impossible du coût pour simplement rester en vie», a déploré Gabriela Bucher.

Pour tenter d’y remédier, l’ONG appelle à plusieurs mesures fiscales de la part des Etats, qui «doivent agir sans attendre pour réguler l’extrême richesse» et «protéger les gens ordinaires». Ce qui pourrait prendre la forme d’un impôt de solidarité exceptionnel sur la fortune nouvellement acquise par les milliardaires pendant la pandémie, avec l’objectif d’utiliser les ressources dégagées pour apporter un soutien aux plus modestes et parvenir à «une reprise juste et durable» après la pandémie. Elle propose aussi de taxer temporairement, à hauteur de 90%, les bénéfices exceptionnels réalisés ces dernières années par les multinationales des secteurs agroalimentaire, pharmaceutique ou pétrolier par exemple. Il faudra ensuite, selon Oxfam, envisager un mécanisme d’imposition permanent des plus fortunés.

Un impôt annuel de 2% sur les millionnaires et de 5% pour les milliardaires générerait plus de 2 500 milliards de dollars par an, selon les calculs de l’organisation. Une telle somme pourrait permettre de sortir 2,3 milliards de personnes de l’extrême pauvreté, de distribuer suffisamment de vaccins à l’ensemble de la planète et d’offrir à l’ensemble des pays pauvres une couverture santé, fait valoir Oxfam. L’ONG appelle les Etats à «rejeter le consensus néolibéral», alertant sur le fait que «la poursuite des anciennes politiques biaisées mènera inéluctablement à la catastrophe».




Le CAC 40 a-t-il fait profiter ses actionnaires d’aides publiques liées au Covid-19 ?


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