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Maroc : le Parlement rejette «l’ingérence» des députés européens

Le Parlement marocain a rejeté les accusations «fallacieuses» des députés européens et toute «ingérence» dans les affaires du royaume, en réponse à une résolution de l'UE s'inquiétant de la détérioration de la liberté de la presse dans le pays.

Les deux chambres du Parlement marocain se sont réunies ce 23 janvier en séance plénière à Rabat pour «évaluer» la résolution du Parlement européen (PE), qui s’est inquiété de l’état de la liberté de la presse dans le royaume ainsi que des allégations de corruption pesant sur ce pays. 

Le plateau de RT France lors de l'annonce de l'interdiction de diffusion édictée par l'Union européenne, en mars 2022 (image d'illustration).

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Les «décisions [des eurodéputés] ne vont pas nous intimider et nous n’allons pas changer notre trajectoire et nos approches», a déclaré Mohamed Ghiat, le président du groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI), le principal parti de la majorité.

La résolution du PE est «une tentative désespérée d’influencer la justice marocaine indépendante» et une «violation de la souveraineté d’un pays partenaire», a renchéri Ahmed Touizi, du Parti authenticité et modernité (PAM), autre formation de la coalition gouvernementale.

«L’odeur du gaz [algérien] lui a fait perdre sa tête», accuse Ahmed Touizi

Se faisant l’écho de plusieurs parlementaires, Ahmed Touizi a accusé la France – sans la citer – d’être à l’origine d’une campagne anti-marocaine à Bruxelles.

«Dans les coulisses de cette décision se cache un pays que l’on croyait ami et partenaire sûr mais l’odeur du gaz lui a fait perdre sa tête», a-t-il opiné, en référence au rapprochement entre Paris et Alger.

Dans un texte adopté à une large majorité la semaine dernière à Strasbourg, le Parlement européen a enjoint les autorités marocaines à «respecter la liberté d’expression et la liberté des médias» et à mettre fin au «harcèlement de tous les journalistes».

Les eurodéputés ont mis en lumière le cas d’Omar Radi, un journaliste indépendant de 36 ans critique envers le pouvoir, condamné à six ans de prison ferme pour «viol» et «espionnage», accusations qu’il nie.

Ils se sont également dits «profondément préoccupés» par «les allégations selon lesquelles les autorités marocaines auraient corrompu des députés au Parlement  européen».

Ce 23 janvier, tous les groupes parlementaires se sont retrouvés pour dénoncer les «diktats étrangers» et «l’ingérence dans le système judiciaire indépendant» marocain. Quelques voix, à gauche, se sont néanmoins élevées pour réclamer «la libération de tous les prisonniers politiques».

En conclusion, le Parlement marocain a «décidé de reconsidérer ses relations avec le Parlement européen et de les soumettre à une évaluation globale», sans plus de détails, a indiqué Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants.

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