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Plusieurs personnalités outrées par un article de France Info sur le collaborateur nazi Bandera

Dans un article sur Stepan Bandera, France Info s'est penché sur la commémoration en Ukraine de cette figure nationaliste ayant collaborée avec l'Allemagne nazie. Arno Klarsfeld, entre autres, s'est étonné de termes employés par le média.

«Guerre en Ukraine : quatre questions sur Stepan Bandera, figure historique présentée par la propagande russe comme le symbole de la “nazification” du pays» : c’est ainsi que France Info a titré son article mis en ligne le 2 mars, visant à interroger une partie du narratif porté par les autorités russes afin de justifier leur intervention militaire en Ukraine. Alors que Stepan Bandera (1909–1959) est rapidement décrit par le site du média public français comme «un leader nationaliste ukrainien coupable de collaboration avec l’Allemagne nazie», plusieurs personnalités politiques ont relevé dans l’article certaines formulations qu’ils considèrent inappropriées.

France Info dira peut-être aussi que Göring […] est un personnage “polémique” et pourquoi pas Hitler

«Bandera un personnage “très polémique” selon France Info […]. Je n’ai pas de mots…», s’est ainsi désolé l’avocat franco-israélien Arno Klarsfeld sur Twitter, en référence à une expression utilisée dès les premières lignes dans l’article en question.

«France Info dira peut-être aussi que Göring [héros de la première guerre mondiale] est un personnage “polémique” et pourquoi pas Hitler qui fit construire de belles autoroutes et donna des croisières au prolétariat. Certains défendent aveuglément l’Ukraine et ses monstrueux héros», a fustigé, dans un autre tweet, celui qui fut conseiller d’Etat sous Nicolas Sarkozy et qui s’est récemment distingué en lançant une pétition pour s’opposer à la perspective d’une troisième Guerre mondiale.

«Personnage “polémique et controversé” mais “qui n’a pas directement massacré des Juifs”, “antisémite mais”… Sempiternel même article qui vise du début à la fin à présenter Bandera comme “un nazi soft” qui a “brièvement collaboré”», a commenté dans la même veine l’éditorialiste Didier Maïsto, citant approximativement des formules de l’article de France Info. Et l’ex-président du groupe Fiducial médias de dénoncer une «instrumentalisation de l’Histoire».

«Quand pour les objectifs de la propagande de guerre, France Info entreprend de réhabiliter les collaborateurs ukrainiens du IIIe Reich on croit entendre les canons de Radio Paris», a de son côté accusé sans ambages le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), qui édite depuis plusieurs années le journal mensuel Initiative communiste.

L’essayiste et ancien cadre du FN (ex-RN) Laurent Ozon s’est également étonné de l’emploi par France Info de la formule : «figure nationaliste controversée» au sujet de Bandera, et l’a mise en parallèle avec des propos de la ministre Isabelle Rome («Racisme en France : il faut oser regarder la réalité en Face»), mis en exergue dans un autre article de France Info.

Une figure célébrée par les autorités ukrainiennes

Pour rappel et comme cela est expliqué sur le site de France Info, Stepan Bandera fut le chef de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), un groupe ultranationaliste qui avait pendant la Seconde Guerre mondiale sa propre organisation paramilitaire et qui a collaboré avec les Nazis, participant notamment aux massacres des Polonais en Volhynie. Il a également fondé la Légion ukrainienne, qui a combattu l’armée rouge pour le compte de la Wehrmacht. En outre au cours de la Seconde guerre mondiale, l’UPA (l’Armée insurrectionnelle ukrainienne), branche armée de l’OUN de Bandera, a brièvement combattu simultanément l’Allemagne nazie et l’URSS. 

En dépit de sa collaboration avec les Nazis et de son implication dans des massacres, Stepan Bandera est ouvertement admiré par une partie de la population ukrainienne, en raison de son engagement dans la lutte contre les Soviétiques.

Il est officiellement célébré par les autorités ukrainiennes comme une figure forte du pays, et la diplomatie russe a, à de multiples reprises, dénoncé cette position comme constitutive d’une valorisation du nazisme. 

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