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Prolongation de la commercialisation du glyphosate : levée de boucliers face à Bruxelles

La Commission européenne a proposé le 20 septembre de réautoriser pour dix ans l’usage de l’herbicide glyphosate au sein de l’UE. Un produit qui n'est pas sans risques cancérogènes selon ses détracteurs.

Le Premier ministre néo-zélandais, Jacinda Ardern, aux côtés de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 30 juin 2022 (image d'illustration).

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Le glyphosate, un herbicide classé comme «cancérogène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS, pourrait voir sa commercialisation au sein des 27 prolongée d’une décennie.

Une proposition formulée le 20 septembre par l’organe exécutif européen, suite à la parution début juillet d’un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), lequel concluait ne pas avoir identifié de «domaine de préoccupation critique» chez les humains, les animaux et l’environnement susceptible d’empêcher l’autorisation de cet herbicide crée par Monsanto.

Une perspective à laquelle, dans les rangs des eurodéputés français, s’opposent des élus macronistes et Insoumis.

Une «soumission devant les lobbies», dénonce Omarjee 

Le président de la commission du développement régional du Parlement européen, Younous Omarjee, issu de La France insoumise, dénonce ainsi sur X (ex-Twitter) une «soumission devant les lobbies» et un usage de l’herbicide qui revient, selon lui, à «empoisonner les gens et tout le vivant».

L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi dénonce l’attitude de la Commission européenne, qui ne se référerait «qu’aux études fournies par le fabricant et en écartant celles des chercheurs universitaires». L’ancienne tête de liste aux élections européennes pour LFI Manon Aubry s’en prend, elle, au président du groupe Renew Europe, Stéphane Séjourné.

L’eurodéputé macroniste s’est en effet prononcé contre le «renouvellement sans condition» de l’herbicide, ce qui constitue pour l’eurodéputée insoumise un «double discours», alors que, selon elle, la «France ne fait rien pour bloquer sa réautorisation».

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L’opposition de parlementaires européens n’est cependant pas décisive car la décision sera prise par le Conseil européen qui réunit les 27 chefs d’État de l’UE.

La France comme l’Allemagne sont hostiles à cette autorisation pour dix ans de l’usage du glyphosate. Berlin et sa coalition entre sociaux-démocrates, Verts et libéraux avaient prévu la fin de l’herbicide dans leur accord de gouvernement. La France se trouve dans une situation plus délicate. Le président Emmanuel Macron s’était engagé dès 2017 à ce que le glyphosate soit interdit «dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans», mais Paris doit composer avec les agriculteurs qui n’ont pas encore d’alternatives à cet herbicide.

«Par défaut interdiction, si pas de substitution autorisation exceptionnelle», résumait sur les ondes de France Info Stéphane Séjourné ce 21 septembre au matin. Faute d’une interdiction totale, les présidents des États européens pourraient en effet trouver un compromis et donc ne pas accepter les dix ans proposés par la Commission.

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