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Bruno Le Maire étrillé par les oppositions face à l’explosion du déficit public français

Prévu à 4,9%, le déficit public est désormais porté à 5,5% par l’Insee dans des chiffres publiés ce 26 mars. Le ministre des Finances Bruno Le Maire est pris à partie par les oppositions quand le président de la Cour des comptes évoque un «dérapage».

Le ministre Bruno Le Maire, le 4 mars lors de la réunion du Congrès à Versailles.

Recettes fiscales en baisse, hausse du déficit public : Bruno Le Maire en zone de turbulences

«Nous sommes désormais les cancres budgétaires de l’Europe». Sur le plateau de LCI, le président du groupe Les Républicains au Sénat Bruno Retailleau n’a pas mâché ses mots contre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. «Les deux mandats d’Emmanuel Macron, qu’on qualifiait de Mozart de la finance, risquent de s’achever sur un requiem pour les finances publiques», estime l’élu de droite.

Le sénateur réagissait aux chiffres publiés par l’Insee ce 26 mars faisant état d’un déficit public porté à 5,5% du PIB en 2023 et non à 4,9%, comme prévu initialement. Ces chiffres placent la France parmi les pires pays de la zone euro, sa dette atteignant 110,6% du PIB.

Une baisse des recettes

La publication de ces chiffres, qui était attendue depuis la publication d’un communiqué de presse des services du ministre des Comptes publics Thomas Cazenave, peut exposer le France en matière de crédibilité économique et devant les marchés financiers alors que les agences de notation se prononceront dans un mois. Il s’agit par ailleurs d’un désaveu au niveau européen puisque Paris s’était engagé auprès de Bruxelles à limiter l’augmentation de son déficit à 4,9% pour 2023.

L’Insee explique cette explosion du déficit par une baisse des recettes de l’État : «Les recettes ralentissent nettement en 2023 : elles progressent de 2% après +7,4 % en 2022.»

Le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale Éric Coquerel pointe aussi du doigt le manque de recettes et évoque même «7% de recettes en moins […] à travers la TVA, la fiscalité, les rentrées de cotisations sociales». Le député de La France insoumise propose de son côté «des taxations des superprofits» et de revoir «la question des aides publiques et des niches […] fiscales et sociales».

«Escrocs en col blanc» et «bilan désastreux»

Le secrétaire général du Parti communiste Fabien Roussel, de passage sur la matinale de TF1 ce 26 mars, a de son côté fustigé un gouvernement composé d’«escrocs en col blanc» et dénoncé un exécutif ayant «fait des cadeaux impossibles aux plus riches, au capital, aux dividendes, au CAC 40».

Les alliés MoDem du parti présidentiel s’inquiètent également de la hausse de la dette et préconisent, par la voix de la députée Aude Luquet, l’organisation de «Dialogues de l’Assemblée», à la manière des «Dialogues de Bercy» qui avaient permis aux oppositions de dialoguer avec le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, en septembre 2023.

Le soutien à l’Ukraine interroge

Le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a de son côté évoqué sur France Inter un «dérapage», avant de le relativiser, le jugeant «très très rare». «Nos finances publiques entrent dans une nouvelle période. Un effort collectif, équitablement partagé, est incontournable. Il faut avant tout dire la vérité aux Français», a-t-il par ailleurs estimé sur le réseau social X (ex-Twitter).

Du côté de la majorité, l’inquiétude grandit à l’approche des élections européennes. Le député Renaissance Mathieu Lefèvre déclare ainsi, dans des propos rapportés par Le Monde : «Les gens nous demandent pourquoi on donne 3 milliards d’euros à l’Ukraine, ça revient beaucoup.» Dans le même temps, le retour des hausses d’impôt est envisagé par des personnalités de la majorité, comme la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui disait à ce propos le 25 mars sur BFMTV : «Il ne doit pas y avoir de tabou.»

 

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