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France Travail : les agents confrontés à une hausse des agressions et des incivilités

Avec une hausse de 12% des agressions et incivilités en un an, l’agence France Travail a vu ses employés être de plus en plus exposés aux violences des usagers. L'organisme public souligne une tendance globale en France, des syndicats du personnel pointant quant à eux la hausse de la pression mise sur les chercheurs d'emploi.

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12% d’agressions et d’incivilités en plus sur un an. Un rapport interne de l’agence France Travail (ex-Pôle emploi) fait état de la dégradation des conditions de travail de cette agence nationale consacrée aux chercheurs d’emploi. Le document, révélé le 24 avril par Politis, qu’a pu consulter l’AFP, révèle l’enregistrement de près de 16 000 signalements d’agressions en 2023, contre 14 200 en 2022, soit en moyenne 18 agressions dans chacune des 900 agences, souligne le magazine Capital. En 2019, ce chiffre s’élevait à 10 000.

Le rapport fait état d’au moins «45 agressions physiques avérées sur agent et survenues en agence ou à proximité» sur un total de 143 agressions physiques déclarées en 2023. Des agressions avérées qui représentent près d’un incident par semaine mais qui ne représentent que 1 % de l’ensemble des signalements. Les incivilités se sont, elles, envolées avec une hausse de 17% sur la seule année 2023 et de 82% depuis 2019. Les agressions verbales ont, quant à elles, augmenté de 8% pour l’exercice écoulé et de 37% sur cinq ans.

Plus étonnant, France Travail a recensé plus de 3 000 cas d’expressions suicidaires d’usagers à destination des agents. Soit trois fois plus qu’il y a cinq ans.

Un contexte général de violences, souligne France Travail

Dans son rapport, France Travail met cette hausse sur le dos du contexte sécuritaire dans l’Hexagone, soulignant que la «quasi-totalité des indicateurs de la délinquance enregistrée sont en hausse». Il faut dire que les incidents entourant France Travail ne sont pas l’apanage de cet opérateur public. L’Éducation nationale signale ainsi une augmentation des incidents graves dans les écoles, les collèges et les lycées pour l’année scolaire 2022-2023.

Dans une note publiée fin février, il est ainsi évoqué un total de 13,7 incidents graves pour 1 000 élèves en 2022-2023, contre 12,3 en 2021-2022. Le phénomène de violences en milieu scolaire a par ailleurs fait l’objet d’une actualité macabre en 2023 avec notamment le cas d’une enseignante décédée en février après avoir été victime d’un coup de couteau d’un élève.

Les fonctionnaires de police ne sont pas épargnés par la hausse des violences. En février, Europe 1 révélait les chiffres du ministère de l’Intérieur pour 2023. Étaient dénombrés quelque 15 150 policiers blessés, soit une hausse de 4,1% par rapport à l’exercice 2022, l’augmentation étant continue depuis trois ans.

La pression sur les demandeurs d’emploi en hausse

Une recontextualisation qui ne satisfait toutefois pas les représentants du personnel de France Travail. «Les conditions d’accueil de nos usagers les amènent à être plus agressifs verbalement et physiquement», a ainsi déclaré auprès de France Info Laurent Mérique, président du syndicat Snap (Syndicat national du personnel de Pôle emploi). Ce dernier évoque «des tensions qui existent notamment par rapport au marché du travail, la pression qui est mise sur les demandeurs d’emploi qui ne seraient pas suffisamment actifs dans leurs recherches» ainsi que «les inquiétudes» liées «aux réformes de l’assurance-chômage, passées et annoncées» par le gouvernement.

Après une première réduction de 25% de la durée d’indemnisation, le 1er février 2023, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé fin mars son intention d’effectuer une nouvelle coupe dès cet automne dans la durée maximale d’indemnisation des chercheurs d’emploi. Celui-ci a également demandé à France Travail de renforcer ses contrôles, les faisant passer de 600 000 prévu en 2024 à 1,5 millions d’ici 2027.

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