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Non contraintes par l’UE, les îles Féroé prolongent leur accord de pêche avec la Russie

Le ministre de la Pêche des îles Féroé (pays constitutif du Royaume du Danemark mais qui n'appartient pas à l'Union européenne), a annoncé le prolongement, pour un an, de l'accord de pêche entre son pays et la Russie.

«Les îles Féroé ont tout à fait raison de prolonger l’accord de pêche existant avec la Russie, dans le cadre duquel nous échangeons des quotas de pêche avec les Russes. […] Pour nous, cet accord concerne bien plus que la pêche», a confié à la presse danoise le ministre de la Pêche Árni Skaale, cité ce 26 novembre par l’AFP, qui rapporte également que le dirigeant a «condamné toute forme de guerre, également la guerre en Ukraine».

Depuis 1977, cet accord, renouvelable annuellement, porte sur des quotas de prises sur plusieurs espèces (notamment du cabillaud, de l’églefin, du merlan et du hareng) en mer des Barents pour les marins féringiens et dans les eaux au large des îles Féroé pour les Russes. Selon le ministère de la Pêche, le produit de l’accord représente 5% du PIB des Féroé.

Situé dans l’Atlantique nord entre l’Ecosse et l’Islande, cet archipel de 54 000 habitants possède un statut de large autonomie vis-à-vis du Danemark depuis 1948 et est libre de mener une politique commerciale propre.

«Cela sonne si creux lorsque les politiciens européens disent que nous devrions simplement cesser de coopérer avec les Russes»

La Russie est l’un des principaux partenaires commerciaux du territoire depuis le conflit qui a opposé Islande et Féroé à l’UE sur les quotas de maquereau et de hareng entre 2010 et 2014.

L’embargo européen sur les poissons féringiens avait alors poussé l’archipel à explorer d’autres marchés. «Aujourd’hui, nous n’avons des accords de libre-échange qu’avec six pays, et pas avec l’UE […]. Si nous nous coupons d’un des marchés avec lesquels nous avons des accords, cela pourrait être problématique pour toute la prochaine génération», a souligné le ministre. «C’est pourquoi cela sonne si creux lorsque les politiciens européens disent que nous devrions simplement cesser de coopérer avec les Russes», a-t-il défendu.

Le gouvernement féringien a toutefois prévenu dans la semaine qu’il comptait réfléchir à des alternatives à cet accord après les élections prévues le 8 décembre.

Fin octobre, la Norvège voisine et la Russie étaient tombés d’accord sur des quotas de pêche en mer de Barents pour 2023.

Pêche : accord entre l’UE et Londres sur les quotas 2022 dans leurs eaux partagées

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